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Date de la déclaration rectificative : 14 Septembre 2016

Qui est St Jacques le Majeur ?
Article mis en ligne le 9 juin 2009
dernière modification le 28 février 2010
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SAINT JACQUES LE MAJEUR *

Cet apôtre fut appelé Jacques, fils de Zébédée, Jacques, frère de Jean, Boanergès, c’est-à-dire fils du tonnerre, et Jacques le Majeur. On appelle Jacques, fils de Zébédée ; non pas seulement parce qu’il fut son fils selon la chair, mais pour faire comprendre son nom. Zébédée signifie donnant ou donné, et saint Jacques se donna lui-même à J. C. par sa mort qui fut un martyre ; et il a été donné de Dieu pour être notre patron ** spirituel. On l’appelle Jacques, frère de Jean, parce qu’il fut son frère et, selon la chair et selon la ressemblance de la cou- : duite. Tous les deux en effet eurent le même zèle, le même désir de savoir, et firent les mêmes souhaits. Ils eurent le même zèle pour venger le Seigneur ; en effet comme les Samaritains ne voulaient pas recevoir J -C., Jacques et Jean dirent : « Voulez-vous que nous commandions que le feu du ciel descende et qu’il consume ces gens-là ? » Ils eurent le même goût pour apprendre : ce furent eux principalement qui interrogèrent J.-C. au sujet du jour du jugement et des autres choses a venir. Ils firent les mêmes souhaits, car tous les deux voulurent avoir leur place pour s’asseoir l’un à la droite et l’autre à la gauche de J.-C. On l’appelle fils du tonnerre, en raison du bruit que faisaient ses prédications, parée qu’il effrayait les méchants, il excitait les paresseux, et il s’attirait l’admiration générale par la profondeur de ses paroles. II en fut de lui comme de saint Jean ; dont Bède dit : « Il a retenti si haut que s’il eût retenti un peu plus, le monde entier n’aurait pu le contenir. » On l’appelle Jacques le Majeur comme l’autre est appelé le Mineur : 1° en raison de vocation ; car il fut appelé le premier par J.-C. 2° en raison de familiarité ; car J.-C. parait avoir été plus familier avec lui qu’avec l’autre ; on en a la certitude, puisque le Sauveur l’admettait dans ses secrets ainsi il l’admit à la résurrection de, la jeune fille, et à sa glorieuse transfiguration ; 3° en raison de sa passion ; car ce fut le, premier des apôtres qui souffrit le martyre. De même qu’on l’appelle majeur pour avoir été le premier à l’honneur de l’apostolat, de même on peut l’appeler majeur pour avoir été appelé le premier à la gloire de l’éternité.
Saint Jacques, apôtre, fils de Zébédée, après l’ascension du Seigneur, prêcha en Judée et dans le pays de Samarie ; il vint enfin en Espagne, pour y semer la parole de Dieu ; mais comme il voyait que ses paroles ne profitaient pas, et qu’il n’y avait gagné que neuf disciples, il en laissa deux seulement pour prêcher, dans le pays, et il revint avec les autres en Judée. Cependant maître Jean Beleth dit qu’il ne convertit qu’un seul homme en Espagne. Pendant qu’il prêchait en Judée ,la parole de Dieu, un magicien nommé Hermogène,d’accord avec les Pharisiens, envoya à saint Jacques un de ses disciples, nommé Philétus, pour prouver à l’apôtre que ce qu’il annonçait était faux. Mais l’apôtre l’ayant convaincu devant une foule de personnes par des preuves évidentes, et opéré en sa, présence de nombreux, miracles, Philétus revint trouver Hermogène, en justifiant la doctrine de saint Jacques : il raconta en outre les miracles opérés par le saint, déclara vouloir devenir son disciple ; et l’exhorta lui-même à l’imiter. Mais Hermogène en colère, le rendit tellement (270) immobile par sa magie qu’il ne pouvait remuer un seul membre : « Nous verrons, dit-il, si tort Jacques te déliera. » Philétus informa Jacques de cela par son valet, l’apôtre lui envoya son suaire et dit : « Qu’il prenne ce suaire et qu’il dise : « Le Seigneur relève, ceux qui sont abattus ; il délie ceux qui sont enchaînés (Ps. CXLV). » Et aussitôt qu’on eut touché Philétus avec le suaire, il fut délié de ses chaînes, se moqua des sortilèges d’Hermogène et se hâta d’aller trouver saint Jacques. Hermogène irrité convoqua les démons, et leur ordonna de lui amener Jacques garrotté avec Philétus, afin de se venger d’eux et qu’à l’avenir les disciples de l’apôtre n’eussent plus l’audace de l’insulter. Or, les démons qui vinrent vers Jacques se mirent à hurler dans l’air en disant : « Jacques, apôtre, ayez pitié de nous ; car nous brûlons dès avant que notre temps soit venu. » Saint. Jacques leur dit : « Pourquoi êtes-vous venus vers moi ? » Ils répondirent : « C’est Hermogène qui nous a envoyés pour vous amener à lui, avec Philétus ; mais à peine nous dirigions-nous vers vous que l’ange de Dieu nous a liés avec des chaînes de feu et nous a beaucoup tourmentés. » « Que l’ange du Seigneur vous délie, reprit l’apôtre ; retournez à Hermogène et amenez-le moi garrotté, mais sans lui faire de’ mal. » Ils s’en allèrent donc prendre Hermogène, lui lièrent les mains derrière le dos et l’amenèrent ainsi garrotté à saint Jacques, en disant : « Où tu nous as envoyés, nous avons été brûlés et horriblement tourmentés. » Et les démons dirent à saint Jacques : « Mettez-le sous notre puissance, afin que nous nous vengions des injures (271) que vous avez reçues et du feu qui nous a brûlés. Saint Jacques leur dit : « Voici Philétus devant vous, pourquoi ne le tenez-vous pas ? » Les démons répondirent : « Nous ne pouvons même pas toucher de la main une fourmi qui est dans vôtre chambre. » Saint Jacques alors dit à Philétus . « Afin de rendre le bien , polir le mal, selon que J.-C. nous l’a enseigné, Hermogéne vous a liés ; vous, déliez-le. » Hermogène libre resta confus et saint Jacques lui dit : « Va librement oit tu voudras ; car nous n’avons pas pour principe de convertir quelqu’un malgré soi. » Hermogène répondit : « Je connais trop la rage- des démons : Si vous ne me donnez un objet que je porte avec moi, ils me tueront. » Saint Jacques lui donna son bâton : alors Hermogène alla chercher tous ses livres de magie et les apporta à l’apôtre pour que celui-ci les brûlât. Mais saint Jacques, de peur que l’odeur de ce feu n’incommodât ceux qui n’étaient point sur leur garde, lui ordonna de jeter les livres dans la mer. Hermogène, à son retour, se prosterna aux pieds de l’apôtre et lui dit : « Libérateur des âmes, accueillez un pénitent plue vous avez épargné jusqu’ici, quoique envieux et calomniateur. » Dès, lors il vécut dans la crainte de Dieu, au point qu’il opéra une foule de prodiges. Alors les Juifs, transportés de colère en voyant Hermogène converti, vinrent trouver saint Jacques et lui reprochèrent de prêcher Jésus crucifié. Mais il leur prouva avec évidence par les Écritures la venue du Christ et sa passion, et plusieurs crurent(On peut voir, dans le transept sud de la cathédrale d’Amiens, des hauts reliefs reproduisant ce récit).
Or, Abiathar, qui était grand-prêtre cette année-là, excita une sédition parmi le peuple ; il fit conduire à Hérode Agrippa l’apôtre, une corde au cou. Le prince ordonna de décapiter saint Jacques et un paralytique couché sur le chemin lui cria de le guérir : Saint Jacques lui dit : « Au nom de J.-C. pour la foi duquel on va me couper la tête, lève-toi guéri, et bénis ton créateur. » A l’instant il se leva guéri et bénit le Seigneur. Or, un scribe appelé Josias, qui avait mis la cordé au coi de l’apôtre et qui le tirait, à la vue de ce miracle, se jeta à ses pieds, lui adressa des excuses et demanda à se faire chrétien. Abiathar à cette vue le fit empoigner et lui dit : « Si tu ne maudis le nom du Christ, tu seras décapité en même temps que Jacques. » Josias reprit : « Maudit sois-tu toi-même, maudites soient tes années, mais que le nom du Seigneur J.-C. soit béni dans les siècles. » Alors Abiathar lui fit frapper la bouche à coups de poing et envoya demander à Hérode l’autorisation de le décapiter avec Jacques
(Ou bien, selon une autre version, le fit décapiter sans en demander l’autorisation à Hérode). Tous les deux allaient être décapités quand saint Jacques demanda au bourreau un vase plein d’eau, et baptisa Josias, immédiatement. L’un et l’autre consommèrent leur martyre,un instant après, en ayant la tête tranchée.
Saint Jacques fut décollé le 8 des calendes d’avril (25 mars) , le jour de l’Annonciation du, Seigneur ; son corps fut transporté à Compostelle, le 8 des calendes d’août (25 juillet) et enseveli le 3 des calendes de janvier (30 décembre) , parce que la construction de son tombeau dura de août à janvier. L’Église établit qu’on célébrerait universellement sa fête au 8 des calendes d’août, qui est un temps plus convenable. Or, après que saint Jacques eut été décollé, ainsi que le rapporte Jean Beleth, qui a écrit avec soin l’histoire de cette translation , ses disciples enlevèrent son corps pendant 1a nuit par crainte des Juifs, le mirent sur un vaisseau ; et abandonnant à la divine Providence le soin de sa sépulture, ils montèrent sur ce navire dépourvu de gouvernail ; sous la conduite de l’ange de Dieu, ils abordèrent en Galice, au royaume de Louve. Il y avait alors en Espagne une reine qui portait réellement ce nom et qui le méritait. Les disciples déchargèrent le corps, et le posèrent sur une pierre énorme, qui, en se fondant comme de la cire sous le corps, se façonna merveilleusement en sarcophage. Les disciples vinrent dire à Louve : « Le Seigneur J.-C. t’envoie le corps de son disciple, afin que tu reçoives mort celui que tu n’as pas voulu recevoir vivant. » Ils lui racontèrent alors le miracle par lequel il avait abordé en son pays sans gouvernail ; et lui demandèrent un lieu convenable pour sa sépulture. La reine entendant cela ; toujours selon Jean Beleth, les adressa, par supercherie, à un homme très cruel, ou bien, d’après d’autres auteurs, au roi d’Espagne, afin d’obtenir là-dessus son consentement ; mais ce roi les lit mettre en prison. Or, pendant qu’il était à table,

(Chap. CXL)

l’ange du Seigneur ouvrit la prison et les laissa s’en aller en liberté. Quand le roi l’eut appris, il envoya à la hâte des soldats pour les ressaisir. Un pont sur lequel passaient les soldats vint à s’écrouler, et tous furent novés dans le fleuve. A cette nouvelle, le roi, qui regrettait ce qu’il avait fait et qui craignait pour soi et pour les siens, envoya prier, les disciples de revenir chez lui et leur permit de lui demander tout ce qu’ils voudraient. Ils revinrent donc et convertirent à la foi tout le peuple de la cité. Louve fut très chagrinée en apprenant ces : faits ; et quand les disciples la vinrent trouver pour lui présenter l’autorisation du roi, elle répondit : « Prenez mes boeufs qui sont en tel endroit ou sur la montagne ; attelez-les à un char, portez le corps de votre maître, puis dans le lieu qu’il vous plaira, bâtissez à votre goût. » Or, elle parlait en louve, car elle savait que ces boeufs étaient des taureaux indomptés et sauvages ; c’est pour cela qu’elle pensa qu’on ne pourrait ni tes réunir, ni les atteler, ou bien que si on pouvait es accoupler ; ils courraient çà et là, briseraient le char, renverseraient le corps et tueraient les conducteurs eux-mêmes. Mais il n’y a point de sagesse contre Dieu (Prov., XXI). Ceux-ci, ne soupçonnant pas malice, gravissent la montagne, où ils rencontrent un dragon qui respirait du feu ; il allait arriver sur eux, quand ils firent le signé de la croix pour se défendre et coupèrent ce dragon par le milieu du ventre. Ils firent aussi le signe de la croix sur les taureaux qui, instantanément, deviennent doux comme des agneaux ; on les attelle ; et on met sur le char le corps de saint Jacques avec la pierre sur laquelle il avait été déposé. Les boeufs alors, sans que personne les dirigeât, amenèrent le corps au milieu du palais de Louve qui, à cette vue, resta stupéfaite. Elle crut et se fit chrétienne. Tout ce que les disciples demandèrent, elle le leur accorda ; elle dédia en l’honneur de saint Jacques son palais pour en faire une église qu’elle dota magnifiquement ; puis elle finit sa vie dans la pratique des bonnes oeuvres. — Le pape Calixte dit qu’un, homme du diocèse de Modène, nommé Bernard, était captif et enchaîné au fond d’une tour ; constamment il invoquait saint Jacques. Le saint lui apparut : « Viens, lui dit-il, suis-moi en Galice » ; puis il brisa, ses chaînes et disparut ; alors le prisonnier suspendit ses chaînes à son cou, monta au haut de la tour d’où il ne fit qu’un saut sans se blesser, bien que la tour eût soixante coudées de hauteur. — Un homme, dit Bède, avait commis à plusieurs reprises un péché énorme ; or, l’évêque, peu rassuré en l’absolvant en confession, envoya cet homme à Saint-Jacques en lui donnant une cédule sur laquelle ce péché avait été écrit. Le pèlerin posa, le jour de la fête du saint, la cédule sur l’autel et pria saint Jacques de lui remettre le péché par ses mérites ; après quoi il ouvrit la cédule et trouva tout effacé ; il rendit grâces à Dieu et à saint Jacques et raconta publiquement le fait à tout le monde. — Trente hommes de la Lorraine, au rapport de Hubert de Besançon, allèrent vers l’an 1080 à Saint-Jacques, et se donnèrent l’un à l’autre, un seul excepté, la promesse de s’entr’aider. Or, l’un d’eux étant tombé malade, ses compagnons l’attendirent pendant 15 jours ; mais enfin tous l’abandonnent à l’exception de celui-là seul qui ne s’était pas engagé. Il le garda au pied du mont Saint-Michel ; mais sur le soir le malade mourut : Or, le survivant eut une grande peur occasionnée par la solitude de l’endroit, par la présence du cadavre, par la nuit qui menaçait d’être noire, enfin par la férocité des barbares du pays ; à l’instant saint Jacques lui apparut, sous la figure d’un chevalier et le consola en disant : « Donne-moi ce mort, et toi, monte derrière moi sur le cheval. » Ce fut ainsi que, cette nuit-là avant le lever du soleil, ils firent quinze journées de chemin et arrivèrent à Montjoie qui n’est qu’à une demi-lieue de Saint-Jacques. Là le saint les mit à terre et commanda de convoquer les chanoines de Saint-Jacques pour ensevelir le pèlerin qui était mort, et de dire à ses compagnons, que, pour avoir manqué à leur promesse, leur pèlerinage ne vaudrait rien. Le pèlerin accomplit ces ordres, et ses compagnons furent très saisis et pour le chemin qu’il avait fait, et des paroles qu’il leur rapporta avoir été dites par saint Jacques.
D’après le pape Calixte , un Allemand, allant avec son fils à Saint-Jacques, vers l’an du Seigneur 1090, s’arrêta pour loger à Toulouse chez un hôte qui l’enivra et cacha une coupe d’argent dans sa malle. Quand, ils furent partis le lendemain, l’hôte les poursuivit comme des voleurs et leur reprocha d’avoir volé sa coupe d’argent. Comme ils lui disaient qu’il les fît punir s’il pouvait trouver la coupe sur eux, on ouvrit leur malle et on trouva l’objet : on les traîna de suite chez le. juge. Il y eut un jugement qui prononçait que tout leur avoir fût adjugé à l’hôte, et que l’un des deux serait pendu. Mais comme le ’père voulait mourir à la place du fils et le fils à la place du père, le fils fut pendu et le père continua, tout chagrin, sa route vers Saint-Jacques. Or, vingt-six jours après, il revint, s’arrêta auprès du corps de son fils et il poussait des cris lamentables ; quand voici que le fils attaché à la potence se mit à le consoler en disant : « Très doux père, ne pleure pas ; car je n’ai jamais été si bien ; jusqu’à ce jour saint Jacques m’a sustenté, et il me restaure d’une douceur céleste. » En entendant cela, le père courut à la ville, le peuple vint, détacha le fils du pèlerin qui ’était sain et sauf, et pendit l’hôte. — Hugues de Saint-Victor raconte qu’un pèlerin allait ,à Saint-Jacques, quand. le démon lui apparut sous la figure de ce saint et lui rappelant toutes les misères de la vie présente, il ajouta qu’il serait heureux s’il se tuait en sort honneur. Le pèlerin saisit une épée et se tua tout aussitôt. Et comme celui chez lequel il avait reçu l’hospitalité- passait pour suspect et craignait beaucoup de mourir, voilà que, à l’instant, le mort ressuscite, et dit qu’au moment où le démon, à la persuasion duquel il s’était donné la mort, le conduisait au supplice, le bienheureux Jacques était, venu, l’avait arraché des mains du démon et l’avait mené au trône du souverain juge ; et là, malgré les accusations du démon, il avait obtenu d’être rendu à la vie. — Un jeune homme du territoire de Lyon, selon le récit de Hugues, abbé de Cluny, avait coutume d’aller (278) souvent à Saint-Jacques et avec dévotion. Une fois, qu’il y voulait aller, il tomba, cette nuit-là même, dans le péché de fornication. Il partit donc ; et une nuit, le diable lui apparut sous la figure de saint Jacques et lui dit : « Sais-tu qui je suis ? » Le jeune homme lui demanda qui il était, et le diable lui dit : « Je suis l’apôtre Jacques que tu as coutume de visiter chaque année. Tu sauras que je me réjouissais beaucoup de ta dévotion, mais dernièrement, en sortant de ta maison, tu as commis une fornication et sans t’être confessé, tu as eu la présomption de t’approcher de moi, comme si ton pèlerinage pût plaire à Dieu et à moi. Cela n’est pas convenable : car quiconque désire venir à moi en pèlerinage doit d’abord s’accuser de ses péchés, en confession et ensuite faire le pèlerinage pour expier ses péchés. » Après avoir dit ces mots ; le démon disparut. Alors le jeune homme tourmenté se disposait à revenir, chez lui, à se confesser, et ensuite à recommencer son voyage. Et voici que le diable lui apparaissant de nouveau, sous la figure de l’apôtre, le dissuada complètement de son projet, en l’assurant que jamais son péché ne lui serait remis, s’il ne se coupait radicalement les membres qui servent à la génération, qu’au reste il serait plus heureux, s’il voulait se tuer et être martyr en son honneur et nom. Pendant la nuit, et quand ses compagnons dormaient, le jeune homme prit une épée, se coupa les membres de la génération, ensuite il se perça le ventre avec le même instrument. Ses compagnons à leur réveil, voyant cela, eurent grande peur, et prirent aussitôt la fuite de crainte de passer pour coupables de cet (279) homicide. Néanmoins pendant qu’on préparait sa fosse, celui qui était mort revint à la vie. Tout le monde s’enfuit épouvanté, et le pèlerin raconta ainsi ce qui lui était arrivé : « Quand je me fus tué a la suggestion du malin esprit, les démons me prirent ; et ils me conduisaient vers Rome, quand voici saint Jacques qui accourut après nous, en reprochant vivement ces tromperies aux démons. Et après s’être disputés longtemps, saint Jacques les y forçant, nous vînmes dans un pilé où la sainte Vierge s’entretenait avec un grand nombre de saints. Jacques t’ayant implorée pour moi, la sainte Vierge adressa des reproches sévères aux, démons et ordonna que je revinsse à la vie. Alors saint Jacques me prit et me ressuscita, comme vous voyez. Et trois jours, après il ne lui restait de ses blessures que des cicatrices ; après quoi il se remit en route, et quand il eut rejoint ses compagnons, il leur raconta tout ce qui s’était passé.
Un Français, ainsi que le raconte le pape Calixte, allait, en l’an 1100, avec sa femme et ses fils, a Saint Jacques, tant pour éviter la mortalité sévissant en France, que pour accomplir le désir de visiter saint Jacques. Arrivé à Pampelune, sa femme mourut, et son hôte s’empara, de tout son argent et du, cheval qui servait de monture à ses enfants. Il s’en alla désolé portant plusieurs de ses enfants sur ses épaules,. et menant les autres par la main : Un homme avec un âne le rencontra et touché de compassion, il lui prêta son âne, afin que les enfants montassent dessus. Quand le pèlerin fut arrivé à Saint-Jacques, pendant qu’in veillait et priait, le saint apôtre lui apparut et lui (280) demanda s’il le connaissait : et il répondit que non : alors le saint lui dit : « Je suis l’apôtre Jacques qui t’ai prêté mon âne et je te le prête encore pour tort, retour : mais tu sauras d’avance que ton hôte mourra en tombant de l’étage de sa maison ; tu recouvreras alors tout ce qu’il t’avait volé. » Les choses étant arrivées ainsi, cet homme revint joyeux à sa maison ; et quand il eut descendu ses enfants de dessus l’âne, cet animal disparut. — Un marchand, injustement dépouillé par un tyran, était détenu en prison, et invoquait saint Jacques à son secours. Saint Jacques lui apparut. en présence de ses gardes et le conduisit jusqu’au haut de la tour qui s’abaissa aussitôt de telle sorte que le sommet était au niveau de la terre : il en descendit sans faire un saut et s’en alla délivré. Les gardes qui le poursuivaient passèrent auprès de lui, sans le voir. — Hubert de Besançon raconte que trois militaires, du diocèse de Lyon, allaient à Saint-Jacques. L’un d’eux, à la prière d’une pauvre femme qui le lui avait demandé pour l’amour de saint Jacques, portait sur son cheval un petit sac qu’elle avait plus loin, il rencontra un homme malade et qui n’avait plus la force de continuer sa route, il le mit encore sur son cheval ; quant à lui, il portait le bourdon du malade avec le sac de la femme en suivant l’animal : mais la chaleur du soleil et la fatigue du chemin l’ayant accablé, à son arrivée en Galice, il tomba très gravement malade : et comme ses compagnons l’intéressaient au salut de son âme, il resta muet pendant trois jours ; mais au quatrième, alors que ses compagnons attendaient le moment de son trépas, il poussa un long soupir et (281) dit : « Grâces soient rendues à Dieu et à saint Jacques, aux mérites duquel je dois d’être délivré. Je voulais bien faire ce que vous me recommandiez, mais les démons sont venus m’étrangler si violemment que je ne pouvais rien prononcer qui eût rapport au salut de mon âme. Je vous entendais bien, mais je ne pouvais nullement répondre. Cependant saint Jacques vient d’entrer ici portant à la main gauche le sac de la femme, et à sa droite le bâton du pauvre auxquels j’avais prêté aide en chemin, de sorte qu’il avait le bourdon en guise de lame et le sac pour bouclier, il assaillit les diables comme s’il eût été en colère, et en levant le bâton, il les effraya et les mit en fuite. Maintenant c’est grâce à saint Jacques que je suis délivré et que la parole m’a été rendue. Appelez-moi. un prêtre, car je ne puis plus être longtemps en vie. » Et se tournant vers l’un deux ; il lui dit : « Mon ami, ne reste plus davantage au service de ton maître, car il est vraiment damné et dans peu il- mourra de malemort. » Quand cet homme eut été enseveli, le soldat. rapporta à son maître ce qui avait été dit : celui-ci n’en tint compte, et refusa de s’amender : mais peu de temps après il mourut percé d’un coup de lance dans une bataille (Saint Anselme, t. II, p. 335)
Le pape Calixte rapporte qu’un homme de Vézelai, dans un pèlerinage qu’il fit à Saint-Jacques, se trouvant à court d’argent, avait honte de mendier. En se reposant sous un arbre, il songeait que saint Jacques le nourrissait. Et à son réveil, il trouva près de sa tête tin pain cuit sous la cendre, avec lequel il vécut quinze jours, tant qu’il arriva citez lui. Chaque jour il en mangeait deux fois suffisamment, et le jour suivant, il le retrouvait entier dans son sac. — Le pape Calixte raconte que vers l’an du Seigneur 1100, un citoyen de Barcelone, venu à Saint-Jacques, se contenta de demander de né plus tomber à l’avenir dans les mains des ennemis. En revenant par la Sicile, il fut pris en mer par les Sarrasins et vendu plusieurs fois dans les marchés, mais toujours les chaînes qui le liaient se brisaient. Ayant été vendu pour la treizième fois, il fut garrotté avec des chaînes doubles. Alors il invoqua saint Jacques qui lui apparut et lui dit : « Quand tu étais dans mon église, tu as demandé la délivrance du corps au préjudice du salut de ton âme ; c’est pour cela que tu es tombé dans ces périls ; mais parce que le Seigneur est miséricordieux, il m’a envoyé pour te racheter. » A l’instant ses chaînes se rompirent, et passant à travers le pays et les châteaux des Sarrasins, emportant avec lui une partie de sa chaîne pour témoigner du miracle,. il arriva dans son pays, au vu et à l’admiration de tous. Lorsque quelqu’un le voulait prendre ; il n’avait qu’à montrer sa chaîne et l’ennemi s’enfuyait : et quand les lions et autres bêtes féroces voulaient se jeter sur lui, en passant dans les déserts, seulement en voyant sa chaîne, ils étaient saisis d’une grande terreur et s’éloignaient. — L’an du Seigneur 1238, la veille de saint Jacques, en un château appelé Prato situé entre Florence et Pistoie, un jeune homme, déçu, par une simplicité grossière, mit le feu aux blés de son tuteur qui voulait usurper son bien. Pris et convaincu, il fut condamné à être brûlé, après avoir (283) été traîné à la queue d’un cheval. Il confessa son péché et se dévoua à saint Jacques. Après avoir été traîné en chemisé sur un terrain pierreux, il ne ressentit aucune blessure sur le corps et sa chemise ne fut pas même déchirée. Enfin on le lie au poteau, on amasse du bais autour ; le feu est mis, le bois et les liens brûlent ; mais comme il ne cessait d’invoquer saint Jacques, aucune tache de feu ne fut trouvée ni à sa chemise, ni à son corps. On voulait le jeter une seconde fois dans le feu, le peuple l’en arracha, et Dieu fut loué magnifiquement dans la personne de son saint apôtre.


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