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Histoire - Françis Ponge
Article mis en ligne le 11 mars 2009
dernière modification le 1er mars 2010
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Ponge, Francis (1899-1988)
poète français

auteur du Parti pris des choses, qui dans sa poésie tenta d’abolir la distinction entre le mot et la chose qu’il désigne. Né le 27 mars 1899 dans un famille protestante aisée de Montpellier, Francis Ponge passe pour avoir eu une enfance facile. Après un double échec à la licence de philosophie et à l’École normale supérieure, il adhéra au communisme. Il commença à écrire, mais se tint à l’écart du monde littéraire. En 1931, il entra comme employé aux messageries Hachette, et il dut dès lors se discipliner pour préserver un temps quotidien consacré à l’écriture. Délégué syndical, militant communiste, il perdit son emploi lors des grèves de 1936, et, en 1940, quitta Paris pour s’engager dans la Résistance. La publication, en 1942, du Parti pris des choses le fit reconnaître comme un écrivain de grande valeur.

Ce recueil posait les principaux éléments de son projet poétique, loin des convulsions et de l’automatisme dont les surréalistes avaient donné l’exemple et loin de la dimension épique d’un Saint-John Perse, ou de cette forme de sacré qu’on peut trouver chez René Char, par exemple. Dans ce recueil, Ponge choisit en effet d’être le poète du quotidien, du matériel, des objets et des choses (« l’Huître », « le Savon », « l’Orange », « la Cruche », « l’Appareil du téléphone »). Loin de percevoir et de montrer le monde à travers sa subjectivité de poète, Ponge prend le parti des choses, et cherche à leur donner par les mots la possibilité d’une expression.

Le poème, sorte d’équivalent neutre de l’objet, devient alors un véritable objet littéraire, un « objeu ». Par une savante et complexe utilisation de l’étymologie, de la graphie, des sons, des jeux de mots, des figures, la poésie de Ponge devient une sorte de redoublement du réel, qui cherche à abolir la distinction entre le mot et la chose. De retour à Paris après la guerre, Ponge se mit à enseigner tout en poursuivant son œuvre poétique (Proêmes, 1948, la Rage de l’expression, 1952, le Grand Recueil, 1961, Nouveau Recueil, 1967).

Il écrivit également des essais qui éclairent sa pratique poétique : Pour un Malherbe (1965), Méthodes (1971), la Fabrique du pré (1971), Comment une figue de paroles et pourquoi (1977). Salué par Jean-Paul Sartre, puis par Philippe Sollers et le groupe de Tel Quel, qui voyait en lui un des auteurs majeurs de la poésie contemporaine, Ponge, longtemps lu par un groupe restreint d’initiés, fut consacré, tardivement, par le grand prix de poésie de l’Académie française en 1984.

Il mourut à Bar-sur-Loup le 6 août 1988 à 89 ans.


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