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Siège social : 3 Avenue du Général de Gaulle
06620 Le Bar-sur-Loup.
Date de la déclaration rectificative : 14 Septembre 2016

Histoire - Celestin Freinet
Article mis en ligne le 11 mars 2009
dernière modification le 1er mars 2010
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Célestin Freinet

Célestin Freinet, instituteur, est certainement le plus grand pédagogue
français du 20ème siècle. Son nom , qui est aussi celui de son mouvement, le
« Mouvement Freinet », est connu dans des dizaines de pays, en Europe bien sûr,
mais aussi en Amérique centrale, en Amérique latine, en Afrique, au Moyen et en
Extrême Orient. On retrouve un certain nombre de « compagnons » de Freinet, ou
de membres du mouvement, à l’origine ou parmi les fondateurs de structures
coopératives nationales. Freinet ayant été lui-même créateur de coopératives
agricoles et enseignantes.
Nous avons pu ainsi voir des écoles ou des groupes, s’en réclamant, en
France, au Mexique, au Brésil, au Japon, très récemment. Ce qui est
particulièrement marquant, c’est que le mouvement Freinet -et Freinet lui-mêmefurent
de notoriété internationale dés les années trente, et incontestablement
mondiale dans les années cinquante.
Mais, disons le d’entrée, Célestin Freinet n’est ni séparable de sa femme,
Elise Lagier Freinet, tout autant institutrice et artiste, décisive sur l’expression libre,
primée nationalement pour le dessin et la gravure, ni des cinq cents compagnons du
début des années trente, des milliers des années cinquante, et des dizaines de
milliers qui en furent, et « en sont », jusqu’à présent. Il y a parmi ces enseignants de
véritables experts des « pédagogies actives », et nous insisterons d’emblée sur le
fait qu’elles ont de surcroît gagné, depuis l’école, progressivement, le terrain de
l’animation, de l’éducation, du travail social, en réseaux et noyaux d’influence qui
demeurent vivants et exemplaires. Nous avons là une pédagogie à visages multiples.

Quelques dates :
Célestin Freinet est né en 1896 à Gars, dans les Alpes Maritimes. Il fait ses
études à Grasse, à l’Ecole Primaire Supérieure, puis à l’Ecole Normale de Nice, pour
devenir instituteur. Il épouse Élise en 1926.
Sa tombe est à Gars. Il faut savoir que cette région alpine et sauvage dont
l’imaginaire ne le quitta jamais, le fit instituteur, militant avant la lettre des Droits de
l’Enfant, et de la différence, acteur engagé et national de l’école et de la politique
éducative française.
La campagne de Maurras et de la droite dure des années « hitlériennes »
contre Freinet, communiste « critique » (1932), le voit écarté de l’Education Nationale
pour des raisons politiques.C’est « l’affaire de St Paul »(1932-33). Il fonde et
construit, avec ses soutiens amis, intellectuels, paysans locaux, immigrés et réfugiés,
son école, « Le Pioulier » (1935).
Il sera placé en détention dans le camp de concentration de St Maximin le 16
mars 1940. Libéré, en résidence surveillée, il participera à l’organisation de la
résistance, et deviendra dirigeant du maquis de La Vallouise, jusqu’à la libération de
Gap, en 1944. Reconnu par la résistance, il sera aux côtés de Langevin et Wallon, et
de leur « Plan » de rénovation de l’école, mais là aussi « critique ».
Nous avons à faire avec Freinet et son mouvement à une véritable refondation
de l’école, remise fondamentalement en contact avec la vie et la réalité. Le savoir
n’est pas né à l’école. Il vient de la vie quotidienne et de l’intelligence sociale.
Jean Paul Le Chanois fera, en 1949, un film « Freinet » qui reste historique :
L’école buissonnière, avec Bernard Blier dans le rôle de Freinet. Daniel Losset vient
de réaliser en 2006 un autre film : Le maître qui laissait les enfants rêver.
Le Pioulier, acquise par l’État, est devenue école publique expérimentale,
dirigée par Madeleine Freinet, la fille des Freinet, et Jacques Bens, son mari, et sera
inscrit au patrimoine du 20è siècle des Alpes maritimes, en 1995.
Le contexte :
Freinet constitue son mouvement dans un contexte historique où la pédagogie
prend une grande importance.
Tout d’abord depuis la révolution française, Voltaire et Rousseau, l’idée de
l’enfance est devenue un enjeu politique important, un gage de société. Ensuite, on
sait désormais ce que peut faire l’éducation, et la fin du 19ème siècle, le début du
20ème verront surgir de multiples « écoles nouvelles », et des instituts d’études de
l’enfance, dans toute l’Europe et aux Etats-Unis comme en Union Soviétique. Les
Sciences humaines sont là. Citons Pestalozzi, Montessori, Dewey, Makarenko.
L’hypothèse est que des enfants « instruits » et éduqués différemment feront une
société différente. Enfin, la mutation mondiale - on parle déjà de « globalisation » -
est en cours, et l’Europe est colonialiste, guerrière, et la France en particulier sort de
la « grande guerre ». Freinet a connu le Chemin des Dames, il en revient blessé,
handicapé, et pacifiste militant. Il sera très vite soutenu par Barbusse.
En 1922 il est à Altona, prés de Hambourg, chez les « maîtres libertaires », en
1925 en URSS, où il rencontre la femme de Lénine. Ses premiers compagnons et lui
sont avides de connaissances et de méthodes. Ils iront les chercher dans les
pédagogies novatrices, partout où elles sont.

Le mouvement Freinet :
C’est par une correspondance scolaire fameuse que Freinet, de Bar sur Loup,
et René Daniel, de Trégunc, ouvrent la dynamique des correspondances, échanges,
voyages, dés 1924, qui marqueront la pédagogie active « Freinet ». Il participe au congrès international de l’Education Nouvelle, adapte une presse à imprimer pour faire un journal dans sa classe, saisit l’opportunité des bavardages et des jeux d’enfants pour inventer avec Elise le Texte Libre et l’expression libre.
En 1927 se tient à Tours le premier congrès de « L’imprimerie à l’école ». En
1929 avec Roger Lallemand, ils ont l’idée du Fichier Scolaire Coopératif, puis de la Bibliothèque de Travail, ces outils de ressourcement du travail en petit groupe, ou individualisé. Car pour apprendre, il faut autre chose que le maître, il faut « en plus »
l’encyclopédie de la vie. Les Bibliothèques de Travail sont d’une grande rigueur
scientifiques, et souvent co-signées par des scientifiques, des artistes, des créateurs reconnus.
En 1935 il fonde avec les autres mouvements pédagogiques, et
spécifiquement le Groupe Français d’Education Nouvelle (Henri Wallon), le Front de l’Enfance.

Le 30 décembre 1945, la Coopérative de l’Enseignement Laïc (1928) tient sa
nouvelle Assemblée générale, en Seine et Oise. En 1947 naît l’ICEM, l’Institut
Coopératif de l’Ecole Moderne. En 1957 a lieu le congrès fondateur de la FIMEM,
Fédération Internationale des Mouvements de l’Ecole Moderne.
L’Association « Les Amis de Freinet » et son journal, ses archives, a pris de
l’ampleur et de l’actualité grâce à Hervé Moullé, et son président Guy Goupil.
Nous estimons autour de 100 000 les enseignants attachés aux Techniques
Freinet dans le monde. Mais l’influence ne se chiffre pas. Dés la mort de Freinet, le 8
octobre 1966, elles sont le canevas des Instructions Officielles françaises, et le
resteront.
La classe coopérative : une matrice démocratique d’apprentissage de
« haut niveau »…
La coopérative ne s’insère pas plus ou moins harmonieusement dans la vie de
la classe, elle est la classe même, écrit Fernand Oury, disciple direct de Freinet et
fondateur de la Pédagogie Institutionnelle. La classe est alors ce laboratoire de
savoirs où des élèves en chair et en os cherchent à comprendre le monde. On y écrit
beaucoup, des journaux, des textes libres, à son gré, on y correspond, avec une ou
plusieurs classes plus ou moins lointaines, seul ou en groupe, on en sort pour des
enquêtes, des visites, des travaux guidés, dans des institutions, des usines, ou pour
des voyages, à la rencontre des correspondants. C’est la « classe hors les murs » !
Michel Barré nous donne, dans sa proximité avec Freinet, ses indicateurs :
- Dialectiser l’oral et l’écrit, écrire pour parler à distance ou en différé.
- L’école est du travail, c’est là que se « travaille » la vie.
- Le savoir n’est pas hiérarchique, nous « faisons ensemble ».
- L’individuel se ressource en collectif, nous savons aujourd’hui que la
jeunesse se socialise en groupes. Mieux vaut des groupes « d’école » !
- Coopérer.
- S’appuyer sur « l’espace public », et donc le quartier, le village, la ville…
- Rompre avec la scolastique « médiévale » : le « par coeur », le commentaire
des textes, sans retour au terrain, la « glose » en université, loin du monde.
Fernand Oury, quant à lui, condense ainsi la pédagogie Freinet :
- Embrayer sur la vie, de l’enfant, du quartier, de la ville...
- Eviter la scolastique, « tout comportement, toute réaction, tout travail
spécifique au milieu scolaire ». Inventer, ne jamais répéter ! Nous enseignons à des
sujets en construction.
- Utiliser l’acquis, « la marche et le langage parlé ont été acquis par des
processus qui, même s’ils sont mal connus, se sont révélés efficaces ».
- Retrouver les désirs profonds, « On ne fait pas boire un cheval qui n’a pas
soif », disait Freinet.
- Donner du tirage, c’est à dire placer les élèves dans des situations où lire,
écrire, compter, deviennent des nécessités.
Cette façon de faire, de penser, d’apprendre, peut se transposer dans d’autres
secteurs de la recherche sociale, non plus seulement au niveau de la classe, mais
aussi à celui de l’école, du centre social, de l’antenne « jeune », du foyer de
placement ou d’accueil, du quartier. C’est le grand défi de l’éducation : Vivre
ensemble, et apprendre de la vie, être vivant, pour vivre.
Les praticiens chercheurs du savoir…
Freinet et son mouvement ont permis la formation d’experts enseignants, qui
d’ailleurs se retrouvent aussi bien dans le premier et le deuxième degré, que dans
l’enseignement supérieur. Citons ici, parmi bien d’autres, Jean Le Gal, grand
défenseur des Droits de l’enfant, et instituteur/professeur en IUFM, Paul Le Bohec,
spécialiste européen de l’expression libre et du « raccrochage », et bien sûr Fernand
Oury.
Fernand Oury a conçu, pensé la pédagogie institutionnelle, au coeur même de
la pédagogie Freinet. Rompu aux discussions avec Jean Oury, à propos de la
psychothérapie institutionnelle, de la psychothérapie par « l’Institution », qui décide
de faire de l’hôpital une coopérative de soins, et met en place des conseils, des
journaux, des « métiers », des correspondances avec d’autres institutions, de
l’expression libre. Car les fondateurs de la psychothérapie institutionnelle avaient lu
et rencontré Freinet.
« Les mots qui ne sont que des mots sont presque des mensonges », écrivait
Barbusse. Ajoutons-y cette dédicace de Jean Vial : « Freinet est mort. Il est des
morts qui vivent intensément ».


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